derniers échos

Partager

Syndication

  • Flux RSS des articles

Incertitudes

mer tumultueuse et ciel rageur

amours solitaires & tristesse vague

tristesse qui vague

& qui dit vague divague

bruit & fureur

tumulte & rage

tumulte tueur

& rage au cœur

& dans tout ça le vague à l’âme

qui ne dit pas son nom

l’âme divague & se perd

& va se fracasser contre une autre âme en peine

une autre âme en panne

tectonique des plaintes

eaux tumultueuses & cieux rageurs

l’oraison du plus fou est toujours l’âme ailleurs

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires

je suis parti de chez moi… il le fallait… il fallait que je sache… j’ai vendu tout ce que je pouvais vite transformer en liquidités & j’ai pris l’avion d’abord pour les USA… je vais tous les rencontrer… je veux comprendre… le premier est –ou était ? je suis incapable de préciser- chef cuisinier dans un grand restaurant… c’est là que je l’ai abordé… il avait un air étrange… comme s’il souhaitait autant que moi savoir…

quand je me suis éveillé le lendemain matin dans ma chambre d’hôtel, je suis allé à la salle de bain comme chaque matin pour pisser & me laver les mains ensuite… & là j’ai vu le visage dans le miroir…

ça n’est pas moi… ou  plus précisément c’est moi & en même temps ça n’est pas moi : mon visage est… déformé ? transformé ?... métamorphosé est peut-être plus exact… on dirait un mélange de nos deux visages…

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires

j’ai poursuivi mes recherches sur le net… je n’en dors plus… je suis sur le point de trouver quelque chose… il y a quelque part une vérité cachée… je dois encore creuser… le dernier élément n’est pas le moins troublant : tous les Eric LOW sont nés le même jour que moi… un 26 septembre… la nuit, dans mes insomnies, j’entends des voix qui viennent de je ne sais où… des souvenirs qui ne sont pas les miens –je crois- viennent à ma conscience… sommes-nous tous entrain de nous fondre les uns dans les autres ? pourquoi ? quel est ce dessein mystérieux ? projeté par qui ?...

Eric-LOW2.jpg

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

les types qui s’appellent Durand, Dupont ou Martin savent avant même  leur naissance qu’ils ne sont pas les seuls à posséder ce patronyme… c’est dans leurs gènes : l’ovule est à peine fécondé par le petit spermatozoïde qui frétillait encore de la queue voici une seconde, que la division se met en route & les les chromosomes X de Papa Dupont-Durand-Martin mettent tout de suite au parfum les chromosomes Y de Maman : on a une bonne & une mauvaise nouvelle… la bonne nouvelle c’est qu’on ne sentira jamais seuls… la mauvaise, c’est qu’on va être des milliers à avoir le même nom… & si nos parents manquent d’imagination on risque même d’être des centaines à porter le même prénom ! toute notre vie ça va être le bordel ! à la Sécu ! aux Impôts ! dans l’annuaire ! sur Facebook ! sur Copains d’Avant !... on recevra des factures & des contraventions destinées à d’autres, ça prendra des semaines, voire des mois à régler les différends avec le Trésor Public…

c’est pareil dans d’autres pays… je pense souvent à ce séduisant acteur hollywoodien : Stewart Granger (Les Contrebandiers de Moonfleet, Sodome et Gomorrhe, Le Grand Sam, Le Beau Brummel, Scaramouche, Le Prisonnier de Zenda, Allan Quatermain et les Mines du Roi  Salomon, etc.) qui dû changer de nom parce qu’un grand acteur déjà célèbre portait déjà le vrai nom de Stewart Granger : James Stewart (Vous Ne l'Emporterez Pas Avec Vous, Mr. Smith Au Sénat, The Philadelphia Story, La Vie Est Belle, La Flèche Brisée, Fenêtre Sur Cour, Vertigo, L’Homme Qui En Savait Trop, L'Homme Qui Tua Liberty Valance, Autopsie d’Un Meurtre, etc., la liste des des grands classiques hollywoodiens auxquels il a participé est si longue que je l’arrête là !)…

le sel de l’histoire c’est qu’en réalité James Stewart ne s’appelait pas James Stewart ! c’était un pseudonyme !...

en résumé, un type qui s’appelait James Stewart a dû changer de nom parce qu’un autre type qui se faisait appeler James Stewart ne s’appelait pas James Stewart…

En m’appelant Éric Löw, je suis longtemps resté persuadé d’être tranquille avec ce genre de mésaventure… que je devienne célèbre ou pas, n’ayant d’ailleurs à ce sujet aucune ambition particulière, & ne courant pas après mon quart d’heure de célébrité comme tant de traîne-patins & autres trous du cul qui dans ce but sont prêts à tout pour étaler leur médiocrité à la tévé ou sur le web…

le web… voilà bien le problème…

l’amour d’une mère laisse croire à des chimères : on est le plus beau, le plus intelligent, etc., en somme on se croit unique…

puis, le jour où l’on veut créer un blog, on s’aperçoit que des tas d’Éric Low ou Éric Löw ont déjà une existence sur la même planète, & puis on reçoit parfois des mails destinés à Éric Low ou Éric Löw & c’est pas soi-même…

alors un jour on se connecte sur Google Images & on tape Éric Low en requête… & là on voit apparaître des visages totalement inconnus de soi… si encore c’était toujours le même, on pourrait se dire c’est peut-être que je ne me regarde pas assez dans un miroir, c’est peut-être ça ma trombine ? mais le problème est qu’on découvre dix, vingt visages différents… qui a ourdi un complot contre moi ? qui veut me faire perdre la tête ? qui joue avec mon destin ? il y en a de tous les pays, des gros, des maigres, des bruns, des blonds… politicien, cuisinier, vendeur de piscines… qui est le protéiforme Éric Löw ? je ne sais plus… mes certitudes ont disparu

qui suis-je ?

Eric LOW

 

P1000103b

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 15 commentaires

je vous causais il y a peu, des requêtes aboutissant à mon blog par les moteurs de recherche (module Administration d'O-B)

 

une des dernières en date est la suivante :

MANGER DU JAMBON EN SMOKING

 

je me doute que la personne est arrivée ainsi sur mon blog par mon "HISTOIRE COCHONNE"

 

dans tous les cas, cela souligne la qualité de mon lectorat

 

je serai réellement vexé si j'apprenais que mes lectrices & lecteurs mangent leur jambon au lit en faisant des miettes avec leurs biscottes, & vêtus de chaussettes chaudes & de pyjama en pilou-pilou

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

après s’être assis sur le haut tabouret, il tapota sa tablette pour lire son journal en ce matin pluvieux, & prit la jolie tasse en porcelaine à la machine à expresso & tourna par habitude le café, mais il ne mettait plus de sucre : il trouvait qu’il prenait du ventre depuis quelques temps… d’ailleurs dans le cadre de ses bonnes résolutions, il venait de s’inscrire dans un gymnase pour faire un peu d’exercice… il y allait & en revenait en voiture : il ne voulait pas salir ses bas de pantalon en pédalant sur un vélo

au gymnase il trouvait sur place le hammam, le sauna, le jacuzzi, la piscine, des rangées entières d’appareils pour courir, pédaler… il pouvait même y déjeuner le midi : on y proposait des « menus minceurs » hypocaloriques & équilibrés adaptés à ses objectifs… tout avait été calculé par son coach d’entrainement & son coach de nutrition

 

il but sa tasse en deux gorgées puis la reposa sur la machine, choisit une nouvelle capsule d’un café doux & aromatique, & relança l’opération

il n’avait pas à se lever car tout avait été étudié par l’architecte d’intérieur pour que le plan de travail soit le plus fonctionnel & le plus ergonomique possible… tout était intégré dans cette plaque de marbre : double évier, plaques de cuisson, un couvercle d’acier brossé pour l’accès direct à la poubelle, prises électriques pour les divers appareils, prises réseau & prises USB, la tablette tactile de trente pouces de diagonale avait été intégrée de façon à ce que sa surface ne dépasse pas d’un dixième de millimètre… il devait pouvoir travailler même dans la cuisine : comment se passer d’être connecté aujourd’hui ?

 

Leïla (son épouse) s’activait dans le salon sur son stepper d’appartement… un appareil haut de gamme qui lui faisait gravir des quantités inconsidérées d’étages,  elle qui montait en ascenseur à son appartement de deux cents mètres carrés, chic et de bon goût, au quatrième de cet immeuble en pierres de taille donnant sur un petit parc dans un quartier parisien très coté

l’écran vidéo géant accroché au mur diffusait des images & une musique spécifiques pour ce genre d’exercice… tout en expirant et inspirant en mesure, elle surveillait son rythme cardiaque qui s’affichait dans un angle de l’écran à cristaux liquides, envoyé par sa ceinture électronique : un logiciel calculait en temps réel le rythme cardiaque optimal selon le programme qu’elle avait choisi

sur une culotte en néoprène qui couvrait ses cuisses jusqu’aux genoux, & un tee-shirt, elle était vêtue d’un vieux survêtement épais qui absorbait bien sa transpiration, mais de larges tâches sombres attestaient qu’elle en était certainement déjà à une bonne demi-heure d’effort

ses longs cheveux bruns étaient réunis en une queue de cheval qui sautait en cadence

 

sur la baie vitrée les larges gouttes d’une averse automnale claquaient violemment... les plantes en pot alignées sur la terrasse se courbaient sous l’attaque, & la terre n’absorbait plus l’eau

 

Leïla n’entendait pas le vacarme, concentrée sur son exercice, sentant son métabolisme s’élever en température, calculant mentalement chaque gramme de graisse et d’eau dépensé, ignorant les gouttes de sueur qui ruisselaient le long de ses muscles... une flaque s’élargissait sur le revêtement de sol synthétique qui supportait le stepper

elle lâcha son guidon pour saisir la bouteille d’eau sur son support & dévisser le bouchon... elle bu au goulot, revissa le bouchon, & remit la bouteille sur son support, puis elle s’essuya avec la serviette qui lui couvrait la nuque et les épaules

La serviette glissa et tomba par terre

serviette !  commanda-t-elle assez fort pour qu’il entende de la cuisine

il se leva posément du haut tabouret, laissa l'article en attente & rejoignit le salon où il ramassa la serviette qu’il lui tendit

elle attrapa la serviette, mais il la retint… du coup elle tourna le regard vers lui qui ne cilla pas

il observait son visage moite & ses joues rosies, en songeant qu’elle avait le même aspect quand elle faisait l’amour…

Merci

alors il desserra sa prise & elle remit la serviette sur sa nuque

 

il se foutait totalement de ce genre d’escarmouche... c’est vrai qu’elle avait de temps en temps sa crise d’autorité, mais ça n’allait pas plus loin que ça… leur union était solidement cimentée par une myriade d’intérêts croisés : juridiques, financiers… le sexe aussi avait sa part… dans la caste dont ils étaient membres, ce mélange s’appelait l’amour conjugal

 

un quart d’heure plus tard, elle stoppa l’appareil & en descendit, puis s’essuya le visage & les bras avec la serviette qu’elle avait nouée autour de son cou… elle but encore un peu d’eau, & marcha jusqu’à la salle de bain où elle se déshabilla en jetant directement ses affaires dans le lave-linge qu’elle mit en route

elle entra dans la vaste cabine de douche entièrement carrelée & régla les jets sur massage, avec une température à 35° centigrades... au bout de quatre minutes, elle descendit la température à 28°… lorsqu’elle sentit son corps se raffermir, elle quitta la douche & s’essuya longuement & minutieusement avec un grand drap de bain

la VMC avait fait disparaître la vapeur

 

quand elle s’installa à son tour sur un tabouret face à lui, il avait déjà versé le jus d’orange dans un grand verre : 100% pur jus bio

 

il avait repris la lecture du journal

 

Le prix Nobel de Médecine 2009 a été attribué à l’Australo-américaine Elizabeth Blackburn et aux Américains Carol Greider et Jack Szostak pour leurs travaux sur l’enzyme télomérase qui protège les cellules du vieillissement, a annoncé lundi à Stockholm le comité Nobel.

Ils ont reçu le prix pour leurs travaux sur cette enzyme qui «protège les chromosomes du vieillissement», a indiqué le comité dans son communiqué.

(…)

Cette enzyme pourrait être la clé de la jeunesse éternelle car elle est impliquée dans le vieillissement cellulaire. Elle joue également un rôle déterminant dans la cancérisation des cellules.

«Les découvertes de Blackburn, Greider et Szostak ont ajouté une nouvelle dimension à notre compréhension des cellules et éclairé les mécanismes de la maladie et stimulé le développement de nouvelles thérapies possibles», conclut le communiqué.

(…)

Dans chaque catégorie, le prix Nobel est accompagné d’une récompense de 10 millions de couronnes suédoises (980.000 euros) éventuellement à partager entre un maximum de trois lauréats.

(Source AFP)

 

il songea que le temps qu’il arrive à la retraite il pourrait peut-être profiter des applications : à quoi servirait en effet d’avoir cette vie confortable si c’est pour se ratatiner avec les années & finir –selon les probabilités- à quatre-vingt ans ?... le fric qu’il pensait dépenser dans les hormones diverses du marché pour rester jeune & qui allaient vite devenir obsolètes…

 

il ne remarqua pas l’article suivant qui était apparu tandis qu’il caressait machinalement la plaque de verre sensible

 

- le Swaziland,  ceinturé par l’Afrique du  sud & le Mozambique, est indépendant de la Couronne britannique depuis le 6 septembre 1968, …

- sa population d’un peu plus d’un million d’habitants subit un taux de chômage de 34% & les deux tiers des habitants vivent sous le seuil de pauvreté…

- la constitution en vigueur depuis 2006 interdit les partis politiques… c’est la volonté du monarque absolu qu’est  le Roi Mswati III

- le Swaziland est le pays du monde où l'espérance de vie est la plus faible : 31,88 ans en 2009

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

je me sentais pris au piège !...

le monstre rouge haut de trois mètres avançait vers moi en tendant ses six tentacules & je ne pouvais reculer plus : j’étais collé au mur… quasiment en infraction avec l’inscription au pochoir « DÉFENSE D’AFFICHER,  LOI DU… »

depuis qu’ils avaient mis le « pied »… enfin… façon de parler… disons « ce sur quoi ils se tenaient verticalement » & qui de fait ressemblait plus à des pinces à sucre qu’à des pieds… ne me demandez pas ce que j’entends par là ! vous savez très bien qu’on n’entend rien par là !... sauf si l’on est de Ganymède… mais celui-là arrivait de Proxima… en soucoupe… ça allait bien avec les pinces à sucre !...

il m’avait poursuivi durant deux kilomètres… je n’en pouvais plus !

ils étaient partout

nous avions été prévenus par les Ganymédiens, mais comme eux nous n’avions rien pu faire pour les empêcher… de planète en planète… d’étoile en étoile… insatiables… de galaxie en galaxie ils se répandaient partout & nul n’avait réussi à les bloquer

ils étaient trop fort… ils nous avaient jusqu’au trognon !

ça y est… à moins d’un mètre de moi il commença :

« & pour la modique somme de 450 000 crédits je peux aussi vous proposer… & si vous préférez payer par mensualités… »

pantelant & incapable de résister je pris machinalement le stylo qu’il me tendait & les contrats que je signai page par page…

ces types avaient la bosse du commerce comme aucun dans tout l’univers… irrésistibles… les terriens pouvaient compter leurs jours…

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

les cinq (mauvaises) raisons qui ont fait fuir ma femme, mes enfants, mes amis… & qui font que je ne suis jamais invité nulle part…

je suis d’un naturel peureux mais je cours très vite (ce qui fait qu’on a beau me chasser, dès que l’agresseur est parti je reviens au galop)

pas agressif pour un sou je n’ai jamais eu l’impression de déranger qui que ce soit… ma mère elle-même m’a avoué qu’elle n’avait presque rien senti en me mettant au monde…

je passe presque inaperçu dans la vie courante…

tout ça pour dire que je ne comprends pas pourquoi je suis ainsi rejeté ?...

je n’ai que des hobbies innocents qui ne font de mal à personne & j’aime mon métier… d’ailleurs mon employeur (qui évite toujours de me serrer la main… tout comme mes collègues…) est satisfait de mes services…

j’ai réuni ici ce que j’ai pu recueillir comme explications de la part de tous ces gens qui m’ont quitté…

il va sans dire que je ne suis pas d’accord du tout avec ce qui semble conclure implicitement à un jugement négatif à mon encontre…

mais je vous laisse apprécier la mauvaise foi de mes ex- (épouse… enfants… amis… relations… voisins… chien...) :

 

1) « tu es complètement marteau ! si tu crois que je vais vivre avec ça dans mon jardin ! »

(mon ex-épouse)

tout ça parce que j’élève des canards WC… j’en ai 1 belle collection…  de toutes les couleurs… je leur ai fabriqué une petite mare en forme de cuvette de WC… ils ont l’air heureux… en plus ils sentent bon ! j’en ai en plusieurs tailles comme ça ça fait des petites familles…

 

2) « t’as vraiment un métier à la con ! on n’ose plus le dire à personne ! »

(mes enfants : monstres d’ingratitude)

c’est moi qui fait « pouet pouet ! » chaque fois qu’une femme avec de gros seins passe dans une émission de TF1 : j’estime qu’il n’y a pas de sot métier… personne ne réussit comme moi à faire « pouet pouet ! » avec suffisamment de conviction… je pense d’ailleurs que c’est pour ça que j’étais le seul candidat au poste… du coup mon patron ne me laisse jamais prendre de vacances… ils aiment beaucoup les gros seins sur TF1 & je ne suis pas près d’être au chômage, moi !

 

3) « t’as vraiment des goûts de chiottes ! d’ailleurs c’est pas étonnant avec tes canards ! »

(mes ex-amis & leurs épouses)

je n’aime pas les fleurs… par contre j’aime beaucoup les radis… quand on m’invitait… plutôt que d’apporter une botte de fleurs j’apportait habituellement une botte de radis… c’est beau les radis… d’un rose profond avec leur petite tête blanche… & ils y en a des ronds…  des allongés… je m’appliquais : je panachais…

 

4) « si tu crois que je vais dormir là-dedans tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! »

(mon ex-chien)

j’ai voulu être écologiste : je lui ai fabriqué une niche en briquettes de bouse de vache séchée… c’est très isolant… bien sûr ça fond un peu quand il pleut & ça sent un peu… mais je remplace les briquettes quand elles sont trop ramollies… je trouve la niche superbe… mais maintenant que le chien s’est barré… sans chien, c’est sûr : elle fait un peu vide…

 

5) « c’est à toi qu’il manque une case ! »

(mon ex-épouse… à nouveau)

je suis un peu maniaque en ce qui concerne le rangement… c’est vrai… je l’avoue… mais est-ce vraiment un défaut ? j’aime que chaque chose ait sa place & qu’il y ait une place pour chaque chose… sinon c’est la pagaille ! voilà pourquoi j’ai fabriqué des rangements pour tout… dans les tiroirs de la cuisine il y a une case pour chaque chose… chaque petite cuillère a la sienne… sur mesure… idem pour les fourchettes… les cuillères à soupe… les fourchettes à huîtres… les pinces à escargot… les couteaux de table… les couteaux à découper… les ustensiles de cuisine… ça m’a pris un temps fou… tout en contreplaqué… j’ai numéroté chaque case & j’ai reporté le numéro sur chaque objet comme ça le rangement est facilité non ? & puis ensuite comme je trouvais ça pratique j’ai fait de même pour toutes les commodes & tous les placards de la maison… slips… chaussettes… soutiens-gorge… ensuite j’ai attaqué le salon : une case pour la télévision… une case pour chaque livre (avec la numérotation)… idem pour les cd & les dvd… eh bien ma femme & mes enfants ça les rendait dingues !

 

j’ignore si ce fut concerté ou non… ils se sont mis à foutre en l’air tout mon rangement ! je retrouvais des fourchettes à la place des cuillères… évidemment ça ne pouvait rentrer : ils avaient forcé pour ça… il a fallu que je refasse quelques cases… puis ils ont vidé tous mes canards ! en pleurant je les ai enterrés dans mon jardin… mais je ne suis pas resté longtemps abattu par l’adversité : j’en ai racheté d’autres… aussi beaux !... alors ils les ont kidnappé ! puis je les ai retrouvés dans les cases des livres !... je voyais bien qu’on voulait me faire craquer… alors j’ai mis des antivols sur mes canards & des cadenas sur les tiroirs… il fallait bien que je me défende… c’était ma santé mentale que je devais protéger…

 

un soir je suis rentré du travail après avoir lancé dix-huit fois mon « pouet pouet ! » (ce soir-là –grosse soirée- il y avait une émission de téléréalité), & les valises & les sacs de voyage n’étaient plus dans leurs casiers ! comme un fou j’ai ouvert toutes les commodes dans les chambres des enfants & dans la mienne : toutes les cases étaient vides ! ils avaient emporté toutes leurs affaires que j’avais si soigneusement rangées ! même le cadenas de la télévision avait sauté & elle avait disparu…

comble de malchance j’avais égaré la clé du cadenas de la case à whisky & n’ai pu boire un verre pour me remettre… pourtant cette clé aurait dû être dans sa case… je me demande s’ils n’ont pas fait exprès de l’emporter aussi ?

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

dans un article récent je me suis permis de rappeller la vieille complicité qui m'unit à David Hauguel -alias Dick Shaver pour son nom d'aventurier

il y a déjà quelques lointaines années, j'alimentais mes carnets de notes sur le web avec les requêtes des moteurs de recherche qui aboutissaient à mon blog "l'Art Se Nique"

je considérais ces requêtes comme des questions qui m'étaient posées, & j'y répondais donc avec le plus grand sérieux & la plus grande rigueur scientifique

mon commerce avec DH/DS relève à la fois des aventures lointaines dans des terres mystérieuses, et d'expériences scientifiques qui ont toujours fait faire des bonds impressionnants à la science

j'ai estimé qu'avant de passer à l'année 2012 & à la Fin Du Monde, il importait de revenir un peu sur le passé des Hommes

voici pourquoi j'ai décidé de rééditer cette petite chronique qui anticipait un peu sur ce qui devindrait plus tard le fameux "Bulletin des Sciences" dont j'ai fait paraître une grosse vingtaine de numéros

bonne année 2012 & bonne Fin du Monde !

(j'espère qu'elle sera plus réussie que celle de l'an 2000 !)

 

 

suite à mon article précédent j’ai reçu un courrier d’un lecteur (Dick Shaver)... les questions soulevées sont suffisamment importantes & pertinentes pour que je m’attelle brièvement (car mon travail de chercheur me laisse peu de loisirs) à une réponse qui n’en sera pas moins –j’espère- pertinente...

je vous cite les questions & je les traiterai ensemble :

 

bon tu peux laisser tomber pour le pull avec une fente dans le dos pour se gratter parce que j'ai trouvé la soluce.... je mets un grand gilet en laine à l'envers, avec le devant derrière comme çà je peux me gratter quand je veux où je veux. Ok c'est un gilet à capuche donc quand je la mets, je n'y vois plus rien, mais pas grave pour se gratter...

pour les requêtes, le mieux, plutôt que de passer dans google, c'est que je les fasse directement chez toi et après tu me diras à quel article cela correspond sur ton blog. c'est plus facile non ?

donc voici mes requêtes du jour :

"parler à sa main en faisant du vélo"

"acheter trampoline istamboul"

"transformer son slip en parachute"

"parler à un kebab"

"combien de roues maximum sur un vélo istamboul"

"faire du trampoline en slip istamboul"

"urgence médicales istamboul"

"manger un kebab en slip"

"déclarer un vol de slip istamboul"

"déclarer un vol de slip et de trampoline istamboul"

"origine des kebab transformés en vélos"

"manger un kebab en faisant du trampoline"

"décoller un kebab de sa tête istamboul"

 

je crois que c’est uniquement par mon nom que la référence à mon blog arrive puisqu’en fait cela fait référence à la thèse que j’ai publié aux éditions de la Sorbonne pour mon doctorat d’ethnologie :

« sémiologie de la chaussette de l’empire de Byzance à la Turquie moderne » (375 pages, bibliographie exhaustive & annexes non incluses).

 

Byzance à l’étymologie confuse fut une cité sur le Bosphore vers le 6e siècle avant J-C

son nom viendrait (sous toute réserve) de l’expression bien connue « my God ! but it’s by chance ! » qui signifiait qu’on y étalait richesses... esclaves... & déjà 32 chaines de télévision câblée... & que c’était là cadeau de la Providence

de « by chance » à Byzance, on voit qu’il n’y eut qu’un pas facile à franchir

aujourd’hui encore ne dit-on pas « mais c’est Byzance ! » pour exprimer le luxe ostentatoire qui s’offre à nos yeux ?

Byzance devint plus tard Constantinople, sous le règne de Constantin… il se serait appelé Maurice : elle serait devenue Mauricette... à quoi tiennent les noms !

cité hellène stratégique par sa situation, elle approvisionnait le monde grec des marchandises qui transitaient par elle

elle fut un enjeu tout au long de son histoire... je vous fait grâce des guerres du Péloponnèse & autres avaries : elle fut même près d’être conquise par Philippe roi de Macédoine, & ne dût son salut qu’à un bombardement serré de mayonnaise dont les soldats byzantins ne voulaient plus : gavés de cette sauce indigeste qui accompagnait leur ordinaire, ils eurent l’idée de la projeter sur les troupes adverses

même nos « ancêtres les Gaulois » tentèrent en vain de se l’approprier...

plus tard l’empereur romain Caracalla qui avait eu l’idée de prendre un pseudo pour se lancer dans le show-business (Antonius) l’appela Antoninia... toujours ce hasard des noms (si ce solitaire s’était appelé Taine, il l’aurait appelé Tainia)

finalement c’est Constantin (l’auteur de « où sont passées les pantoufles ») qui eut le dernier mot pour un moment : Constantinople !

les Turcs qui n’avaient qu’une très vague idée de la géographie du pays croyaient qu’elle était située sur un isthme arrondi : isthme en boule... la déformation donna Istanbul parce qu’ils ne savaient même pas qu’avant un « B » on met un « M »

Istanbul vers l’an mil atteignait déjà le million d’habitants... le commerce y était florissant... on comprend que baignant dans une telle abondance, & avec une telle densité de population, on y connaissait déjà les embarras de circulation ! ce qui provoqua au concile de Nicée II (« le retour ») la décision de faire aller tout le monde à vélo...

là fut la vraie cause du schisme de 1054 : le Pape refusant de laisser sa chaise à porteurs décida qu’il serait le seul chef de l’Eglise universelle... décision peu orthodoxe… & c’est ainsi que les chrétiens d’Orient se firent appeler les Orthodoxes par opposition légitime

le vélo devint vite très populaire : tous les vendeurs de Rapid’Kebab se déplaçaient à vélo pour livrer leurs clients (si le kebab arrivait froid, il était remboursé)... ils avaient leurs commandes inscrites sur les paumes des mains & ils les consultaient tout en pédalant, ce qui donnait l’impression aux passants qu’ils parlaient à leur main

le porte-bagages n’ayant pas été autorisé à cette époque car il prenait trop de place, & la circulation étant trop dense, les livreurs portaient les kebabs en équilibre sur la tête... il faisait chaud... ils étaient pauvres car très peu payés (il fallait rembourser presque tous les kebab qui arrivaient toujours froids), aussi n’étaient-ils vêtus en tout & pour tout que d’un slip... leurs secteurs de livraison étaient très précis : on le comptait en diamètre en 12 500 tours de roue... d'où la question entendue mille fois par jour : « combien de roues pour un kebab ? »...  celui qui sortait de son secteur & privait un collègue de sa clientèle était mis à bas de son vélo, & on lui lançait à la tête ses kebab, ce qui le ruinait

évidemment les kebab froids collaient aux cheveux, & les décoller était long... pénible... douloureux...

on voyait beaucoup de charlatans ambulants vendre des remèdes miracles pour décoller le kebab de la tête... mais la seule solution qui fonctionnait bien était de sauter sur place jusqu’à ce que le kebab tombe par terre... l’invention du trampoline date de cette période sombre : les sauts devinrent plus efficaces

on retrouve d’ailleurs cette pratique qui devint coutume ésotérique dans la danse des derviches tourneurs dont l’imposante coiffe symbolise le kebab dont il faut se défaire... ce kebab symbolique a une double signification, car il indique aussi tous les mauvais penchants dont nous devons nous débarrasser (« sur ton prochain tu ne lanceras pas de kebab »)

une autre façon de punir les collègues indélicats était de leur voler leur slip : sans cet insigne de leur profession, ils ne pouvaient plus exercer leur métier... voilà pourquoi certains infortunés qui réussissaient à s’enfuir le slip à la main se jetait dans le Bosphore, en tentant de ralentir la chute en se servant de leur slip comme parachute... bien sûr ça ne marchait pas à tous les coups d’où le développement des urgences à Istanbul !

 

voilà : je crois avoir traité à grands traits les quelques questions posées par mon lecteur... j’espère que cet exposé peut-être un peu trop scientifique ne vous aura tout de même pas trop rebutés ?

 

note : en poursuivant mes recherches, je me suis aperçu que l’expression bien connue « travailler du chapeau » trouve en fait son origine dans l’expression antique « travailler du kebab », puisque le kebab servait plus ou moins de coiffe…

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires

 

bannière blog 1

 

bannière blog 3

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

pendant un temps il avait cru devoir prendre des résolutions supposées bonnes... comme toutes les fois où l'on se décide à décider… désormais... plus de résolutions... avait envie d'écrire & écrivait... alors que la société soit pourrie par la tête, que le système soit révoltant, cynique... il n’en pouvait plus… c’était l’époque durant laquelle il débattait des heures entières avec ses copains sur cette société qui nous manipule, nous endort, nous conditionne… les uns & les autres avaient été copains de lycée : de la seconde jusqu’au Bac ils avaient eu quelques profs qui arrivaient à la trentaine avec les cheveux longs, des jeans effrangés & des sabots aux pieds… qui avaient fait Mai 68 même pas dix ans avant… libertaires, la rhétorique bien huilée & sans prosélytisme ils avaient ouvert les esprits de ces jeunes lycéens… sans leur imposer leurs propres idées, ils leur avaient appris à ne pas prendre les choses comme elles semblent être, comme on les donne… mais à poser des questions, à se poser des questions, & pour cela à se cultiver par les livres, les journaux, les films pour se constituer un fond de connaissances & ne rien tenir pour acquis qui ne soit d’abord décortiqué, évalué, démontré… ils découvraient les concepts d’idéologie, d’idéologie dominante, leur réflexion parcourait la réflexion écologiste naissante, la psychanalyse, l’économie, le scientisme… on est tous conditionnés devint pendant un temps la phrase qui revint le plus dans leurs débats, jusqu’à devenir la blague qu’ils se renvoyaient chaque fois qu’ils hésitaient dans leurs propos : ouais, de toute manière on est tous conditionnés, alors… la fumée des Camels filtre empuantissait les cafés ou les chambres dans lesquels ils s’entassaient pour refaire le monde… marrant comme à chaque époque les jeunes ont une marque de cigarettes favorite… à cette époque, c’était les Camels… la moitié fumait des Camels… celles & ceux qui fumaient cette marque tenaient à faire circuler la légende selon laquelle cette marque de tabac mettait de l’opium dedans… & parait-il qu’il y avait dans le dessin sur le paquet des messages subliminaux en le regardant comme ci… ou comme ça… il n’avait jamais compris… marketing quand tu nous tient… lui ne s’était mis à fumer qu’après le Bac, & il préférait la pipe, il trouvait la cigarette aussi agréable que du foin… ces années de fin d’adolescence avaient été formatrices, toute sa vie il en garderait l’empreinte… les débats au lycée avaient rencontré sa propre révolte au bon moment… le pays étouffait sous les vieux remugles autoritaires du gaullisme puis d’une droite faussement libérale qui se pensait propriétaire du pouvoir politique, qui redécoupait les circonscriptions électorales pour s’assurer de le garder encore un peu, qui envoyait systématiquement des brigades de CRS contre toute manifestation d’ouvriers ou d’étudiants… amocher des manifestants n’était pas une bavure à l’époque, on n’utilisait pas encore ce mot, c’était trop courant… dominants comme dominés vivaient encore sur les schémas anciens, le règne de l’individualisme forcené, du chacun pour soi & de la résignation n’avaient pas encore pris possession de toute la planète, le sens de classe restait vivace… quelques années plus tard le libéralisme économique triompherait & parviendrait à dissoudre le concept même de solidarité… unissons-nous est un vieux slogan électoral, mais diviser pour mieux régner est une tactique bien plus vieille encore de tous ceux qui se sont installés au pouvoir, démocratiquement ou non… littéralement possédé par l’écriture, gardant sa révolte en lui, il devait tenter de se replier sur lui-même pour résister, pour vivre à peu près comme il le souhaitait… cela ne résultait pas d’un raisonnement, c’était une réaction presqu’animale… à son insu, ces bouillonnements passionnés nourriraient le feu de son écriture, pas comme thème central, plutôt comme une réserve d’énergie… pour vivre heureux, vivons caché… situation moins équivoque que celle de tous ceux qui peinent toute la saintesainte journée... sacrées poires qui tombent le jour où le système les cueille pour les avaler... il écrivait... que demander de plus ? après deux ans d'un emploi à heures fixes dans une firme structurée... hiérarchisée... comportant toutes les guéguerres mesquines... imbéciles... entre les services... au sein même des services... comme dans toute organisation semblable... avec l'éventail complet de lâchetés... de compromissions... de haines... de jalousies... de discriminations... avec la médiocrité générale au service d'objectifs d'une bêtise rare & que chacun pris dans l’urgence du crotidien semble considérer comme la cause première & le but unique de son existence sur Terre... avait eu l'impression malsaine à faire vomir que tout allait de travers... qu'il s'était totalement fourvoyé... en deux ans il n’avait réussi qu’à faire ressembler sa vie à un vieux chiffon plein de cambouis... & sa gueule en prenait également l'allure dans la ville puante qu'est Paris... loin du grand air & du soleil... & il avait tout lâché... & pour la première fois depuis deux ans il avait écrit quelques pages qui lui avaient donné le sentiment d'écrire & non de se répéter boueusement… deux ans à boire... à mal manger... à aller de fille en fille & à peu dormir... pour se retrouver le matin dans un bureau le moral à zéro d'être un jeune cadre dynamique plein d'avenir... & une idée en tête : que vienne le soir pour retrouver un ou deux amis & rencontrer des filles ! quelle bassesse vers laquelle il avait doucement glissé... en colère contre lui-même... mais se considérant comme enfermé dans le cercle du travail & du salaire... si désespéré qu’il suivait chaque soir la sirène qui disait oui... qu’il croyait à chaque fois découvrir celle qui lui ferait oublier qu'il n'allait plus dans la direction de celui qu'il voulait devenir… vivant d'expédients sentimentaux... d'ersatz de joie & de rire... comment d'ailleurs prendre cela au tragique dans une société qui donne à des pseudo citoyens l'illusion de pouvoir tout leur offrir ?... une société de consommunication... hautement industrialisée... dramatiquement marchandisée-publicitarisée... capable d'envoyer des hommes chier sur la Lune... qui fournit des voitures... des papiers peints de tout style... des livres... des disques... des films en pagaille... des aliments des tabacs des alcools de toute provenance... & qui comporte évidemment des éléments instables en son sein… ont-ils le droit de n'être pas satisfaits tous ces gens anxieux... angoissés... mal dans leur peau... comment font-ils même - sans parler de droit ni de justice - alors qu'à quelques heures d'avion... des pays entiers se déchirent ou crient famine ? & pourtant... ça n'est pas simple... ça n'est pas facile quand cette société est coupée en deux... quand dans les pays les plus riches du monde de plus en plus de mômes dorment dans les métros au nom de la liberté... du marchÉ & de ses joijoies... quand chaque hiver des clodos meurent de froid sur le trottoir de nos villes électrifiées-électrisées... quand la responsabilité publique se retire... même plus culpabilisée de voir l’égoïsme encensé comme vertu ordinale & cardinale

lundi matin… petit pot de fiel qu’on étale avec humeur sur la tartine du matin en se préparant comme chaque jour à vivre sa vie d’esclave, prêt une fois de plus à éviter les embrouilles & à contrer les écrabouilles pour ne pas finir ratatiné… durer… telle est la règle… durer… là il n’y a pas de poésie… là il n’y a pas d’humanité… il n’y a que la pression ordinaire des petits chefs avec leur mentalité de kapo… il n’y a que la pression ordinaire du marché & des clients qui en veulent toujours plus pour toujours moins… comme des patrons… la victime devient le coupable… privilégiée d’avoir encore un travail… mot de torture… mot de douleur… plus haut… à une altitude qu’on ne peut tout simplement pas distinguer d’en bas ni même imaginer… ceux qui planquent chaque soir leur couilles en or dans des slips en platine, rigolent en se glissant dans les draps, la conscience éteinte… ils aiment leurs femmes, leurs enfants… & le fric qu’ils se font & dont ils ne pourront jamais dépenser le centième dans toute leur vie… plus loin… à une distance qui fait qu’on s’en fout un peu la plupart du temps… le désert avance… la faim & la maladie aussi… pas par un phénomène naturel… non… là encore agit l’esprit de l’homme assoiffé de richesses… détruisant un écosystème si finement régulé qu’on le détruit avant d’en saisir toute la complexité & de comprendre les conséquences… plus près… si près qu’on détourne souvent le regard… dans des pays riches qui se disent en faillite parce que ceux d’en haut extorquent des richesses qu’ils gardent pour eux… parce que ceux d’en haut envoient ceux d’en bas à la guerre pour faire tourner les usines de missiles… plus près, ils sont des millions à dormir sur des trottoirs… dans des halls d’immeubles… délogés par des policiers… par des vigiles… ils sont des millions à crever à petit feu… malades sans pouvoir se soigner

 

il y a quelque chose qui cloche

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires

histoire-cochonne02.jpg

 

les flics arrivèrent les premiers près du cadavre…

évidemment, ils furent surpris de découvrir l’aspect du corps…

sortant de la poche droite de la veste de costume : trois chipolatas

quatre tranches de jambon de Bayonne dépassaient de la poche gauche…

- qu’est-ce que c’est que cette connerie ? grogna le lieutenant

- au cas où il aurait eu un p’tit creux ? suggéra le flic de base

- tu s’ras jamais lieutenant, t’es trop con ! estima le lieutenant d’un ton tranchant (& les tranches de Bayonne frissonnèrent)

après avoir enfilé leurs gants, ils retournèrent à moitié le pauvre type qui baignait dans une flaque de sang… il avait un trou dans le bide, on aurait pu y loger le poing de Mike Tyson avec les bandages & le gant…

- quel merdier ! fit le lieutenant dégoûté

- finalement, il l’a eu son p’tit creux ! ne put s’empêcher d’ajouter l’autre

- si ça s’trouve, t’es même pas flic ? c’est l’agence d’intérim qui t’a envoyé ? bouge ton cul ! lève la truffe ! trouve-moi des indices !

ils remirent le cadavre dans sa position initiale

 

passant à la cuisine, jeune flic visita le réfrigérateur… un beau jambon de Bayonne à peine entamé trônait sur une tablette…

- patron ! on dirait que j’ai retrouvé l’assassin !…

- on dirait que les tranches viennent de là… dit le lieutenant qui l’avait rejoint, & qui savait faire le tour d’une situation, maintenant pour savoir si c’est l’assassin qui a joué au con, ou si c’est la victime qui décorait son costard à la charcuterie, ça va être coton !…

 

une voisine avait appelé le commissariat : un terrible bruit de tonnerre avait réveillé son dernier moutard à  l’heure de la sieste…

tous les couteaux de la victime étaient propres & rangés dans le tiroir entre les fourchettes & les cuillères : que les empreintes du propriétaire

ça c’était lundi…

 

mardi, dans le même quartier, un deuxième cadavre fut trouvé sur un banc public… de quoi éloigner tous les amoureux ayant envie de se bécoter sans se soucier des passants honnêtes

d’après le coup de fil anonyme qui avait prévenu le commissariat, il semblait y avoir des points communs avec celui de la veille, aussi le commandant envoya-t-il la même fine équipe…

 

effectivement, le clochard avait son parka gorgé de sang & un trou énorme dans le buffet… deux tranches de jambon de Paris & une saucisse de Morteau garnissaient ses poches…

- qu’est-ce qu’on fait patron ?

- j’sais pas… j’hésite entre une raclette & une choucroute !… on va tout d’même pas se taper tous les charcutiers du quartier ?…

- en tout cas ça a l’air d’être le même assassin qu’hier, non ?

- ouais… un tueur en série… qui aime trop ou pas du tout la charcuterie ? un cochon qui veut venger ses frères victimes de notre appétit ? un végétarien extrémiste ? un rabbin ou un imam intégriste ? un antisémite qui veut nous faire croire à un meurtre religieux ?… ou le contraire ?… bon sang ! j’aimerai bien que le labo nous dise avec quoi on les a trucidés !…

 

le soir même, les journaux titraient tous sur ces meurtres étranges…

pendant ce temps, au commissariat, le lieutenant recevait les premières conclusions : les deux victimes avaient été tuées d’une double décharge de fusil de chasse à bout portant…

 

tout le commissariat fut sur les dents pour patrouiller jour & nuit dans le quartier puisque apparemment le tueur opérait pour le moment dans celui-ci… la PJ du 36 rappliqua : deux trentenaires qui se la jouaient façon cow-boy… après avoir garé leurs deux chevaux en double file, ils radinèrent dans le commissariat & prirent d’assaut le bureau du commissaire en se l’attribuant pour la durée de l’enquête…

une réunion eut lieu à laquelle participèrent le commissaire, les deux cow-boys & les premiers enquêteurs (le lieutenant & son co-équipier)… on fit le point : c’était maigre… & pour une affaire de charcuterie, ça la foutait mal…

 

& puis l’AFP reçut une lettre qui permit aux flics de se creuser encore un peu plus la cervelle :

« il y en aura d’autres ! jamais vous ne m’attraperez ! je ne fais pas ça pour l’argent ! je les aurai tous ! salauds ! les carottes sont cuites ! Révolution !

Jack »

 

la lettre avait été déposée dans la boite aux lettres sans être passée par la Poste, aucune oblitération, aucune empreinte, un document au traitement de texte sur papier courant… autrement dit : aucun indice…

les charcutiers commencèrent à protester : cela faisait du tort au p’tit commerce… ils sommaient les autorités d’agir… déjà les ventes commençaient à baisser… on soldait le jambon, trois tranches pour le prix de deux plus un saucisson gratuit… les mères de famille interdisaient à leurs gamins de parler aux charcutiers… les boutiques étaient vides dès la nuit tombée…

les flics étaient aux quatre cents coups…

n’empêche… mercredi matin, au lever du jour, sous une station de métro aérien on découvrit un feu bourgeois en smoking avec un tête de cochon posée sur le ventre… le cochon avait l’air de sourire…

sur le bitume gras on pouvait lire en lettres épaisses « JACK »… à l’analyse, c’était du sang de cochon…

 

le lieutenant & son adjoint étaient dégoûtés de la charcuterie… ils ne commandaient plus que des sandwichs au thon ou au poulet… au poulet… c’est un comble !…

à la morgue, en compagnie du légiste & des trois cadavres, le lieutenant eut un sursaut : il venait de se rendre compte d’un détail…

- regarde leurs pieds ! dit-il au légiste

- quoi donc ? ils ont des pieds panés ?

- mais regarde donc, couillon !… lis la liste des affaires personnelles : y’en n’a pas un qui ait encore ses pompes ! où sont-elles passées ?

- alors les gars ? fit le légiste, on fait dans le cochon, maintenant ? vos bourgeoises sont au courant ?... & il partit d’un rire gras qui fit faire la grimace aux deux flics

- allez les gars ! faites pas du boudin !...

- si je le bute, c’est de la légitime défense, pas vrai patron ?... dit le flic au lieutenant

- sans doute… mais trop de paperasses… laisse…

- c’est ça : faites pas aux truies ce que vous voulez pas qu’on vous fasse ! les acheva le légiste

 

la suite un de ces jours...

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

le temps de compter jusqu'à 600 & dans le couloir le plancher se plaint

ttt ttt ttt

c’est consonne à la porte…

c’est pas que ça m’dérange ça m’arrange pas non plus… faut voir…

j’ai l’esprit ailleurs mais après tout le porte-monnaie ne change pas de place lui !

entrez c’est ouvert !…

ils sont deux… deux & demi…

la petite rousse bien en chair d’abord… mais je la quitte vite des yeux pour photographier le type qui suit : on croirait qu’elle lui sert de sac à main tellement il est énorme à côté d’elle… le genre Déconnan le Babar mais en plus costaud…

& l’air sympathique avec ça !… souriant comme un banquier à 6 heures du soir devant un client sans garantie qui demande un prêt pour acheter son cercueil en 36 mensualités

la tête de mon banquier chaque début de mois…

de taille à se taper la blonde d’en face qui fait toujours le trottoir du haut de ses trois mètres avec son mètre cinquante de tour de poitrine !

d’un index autoritaire épais comme une saucisse de Montbéliard il lui désigne la chaise & le poing fermé qui suit assommerait un mammouth

je songe à adhérer vite fait à la S.P.A. au cas où…

elle s’assoit genoux serrés pas à l’aise

il reste debout à côté d’elle

 

de voir le volume de mon coquet bureau ainsi rétréci j’en ai un vieux coup de cafard

quelqu’un essaie de me faire chanter dit l’homme montagne d’un air mauvais

conciliant je fais : rassurez-vous… je suis sûr que vous chantez très bien...

il se penche vers moi & je crois qu’on a éteint la lumière !

écoute petit… je suis très occupé… je ne peux pas m’en charger moi-même... je te donne deux mille euros maintenant & deux mille après si tu trouves de qui ça vient...

& plongeant une énorme pogne dans sa poche portefeuille il en rapporte une petite liasse de billets de cent qu’il laisse tomber sur mon bureau que je crois entendre soupirer d’aise

donnez-moi quelques tuyaux… que j’vois par où commencer...

je suis Faust Deville... amateur d’art... j’ai acquis - tout à fait légalement – un… objet… il y a un an… & on me menace de révéler à la police que je détiens cet objet...

si vous êtes en paix avec votre conscience qu’est-ce que ça peut vous faire ?...

t’occupe donc pas de ma conscience... j’ai horreur des menaces & je veux savoir qui ose...

okay… & c’est quoi au juste cet... objet ?…

une antiquité... de grande valeur... t’as pas besoin d’en savoir plus là-dessus...

votre confiance m’honore ! reprenez vos deux mille balles votre rousse la porte & l’escalier... l’affaire ne m’intéresse pas !…

 

il se penche à nouveau vers moi

c’est comme si la tour Montparnasse voulait me foutre un coup d’boule !

je crois que ce qui l’arrête c’est le flingue que je lui colle sous le nez…

il se redresse lentement

t’es rapide apprécie t-il

c’est l’instinct de survie… j’explique

rien ne vaut une bonne trouille pour réagir vite... (inutile de lui préciser que le pétard n’est pas chargé) bon... maintenant tu craches le morceau ou tu vas acheter des fleurs pour la Toussaint ?… je veux pas te l’piquer ton morceau d’art !… je veux juste qu’il y ai entre nous une saine relation de confiance réciproque & si ça marche peut-être qu’on deviendra potes & que j’t’inviterai à Noël prochain & que j’deviendrai parrain de ton prochain môme... en attendant accouche ! y’a sûrement quelque part une blonde qui m’attend...

dis-lui Faust fait la rousse qui n’avait pas encore ouvert la bouche

sans me quitter des yeux il dit doucement ferme-la trésor… tu ne veux pas que je te punisse comme la dernière fois que tu l’as ouverte sans mon autorisation ?…

tout ça vach’ment bien fait… sans desserrer les dents… un vrai pro de la menace pas déguisée du tout… de la menace bien carrée… bien franche…

oh non Faust ! elle se recroqueville sur la chaise terrifiée

elle je sais pas mais moi à sa place j’en pisserai dans mon slip !… & pas de rire

mes sphincters compatissants se resserrent

je leur adresse un remerciement muet mais sincère

bien c’est d’accord... je te dis ce que c’est & tu prends l’affaire...

okay lâche le morceau...

je possède un objet unique au monde… t’as déjà entendu parler du faucon maltais ?…

j’ai lu des trucs dessus... mais je croyais que la dernière fois qu’on en a entendu parler c’était avant la deuxième guerre mondiale ? autrement dit ça fait un sacré bail !...

exact !... & y’a pas de raison que le reste du monde en entende parler aujourd’hui... tu me suis petit ?

pas d’problème pour moi... venons-en aux détails pratiques : où ? quand ? combien ? comment ?

on m’a téléphoné cet après-midi… une voix déguisée… homme ou femme je ne sais pas... & c’est le faucon qu’on veut... pour le reste on doit me rappeler...

t’as un téléphone moderne ? avec écran ?...

ouais... j’y ai pensé... j’ai vérifié le numéro... on m’a appelé d’une cabine...

okay j’attends de tes nouvelles...

 

ils sont déjà à la porte quand je lui lance eh Faust !… je suis pas petit… je suis assis…

pour moi ça fait pas de différence… dit-il sans se retourner

l’a pas tort King-Kong… mais est-ce que ça peut le guérir de sa connerie ?

 

            quand la porte a fini de vibrer & que le plancher s’est redressé en grinçant la pièce a retrouvé sa taille habituelle

je m’lève pour aller rincer mon verre au lavabo dissimulé dans le cagibi

c’est pour toutes ces joies que ce job me plaît…

Par Eric LOW - Publié dans : Incertitudes
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés