jamais je n 'osais regarder cet escalier
j'avais toujours l'impression d'1 présence funeste
les murs lépreux les marches pourries la rampe branlante
& cette odeur... 1 odeur de moisi... de décomposition...
cette maison abandonnée n'était qu'1 cri de douleur
je n'ai pas encore parlé du grenier...
parce que je n'y suis allé qu'1 seule fois... 1 unique fois...
& que depuis il hante mes nuits...
depuis ce soir où ayant 1 peu bu j'ai gravi ces marches maudites à 4 pattes en lançant des imprécations pour conjurer les spectres...
j'ai poussé d'1 main la porte vermoulue qui s'est réduite en poussière...
& sous la charpente... du sol à la poutre faîtière il y avait cette gigantesque toile... cette horreur... & collées à la poutre... guettant la proie qui viendrait bien 1 soir... ces monstres qui m'appelaient... me charmaient de leurs chants...
je ne sais combien de temps j'ai hésité... tellement tenté de les rejoindre... mais parmi les brumes de mon ivresse 1 partie de mon esprit luttait... luttait...
je crois que j'ai hurlé pour couvrir ces voix & qu'en faisant demi tour j'ai dégringolé jusqu'au bas des marches pourries...
ça n'est qu'au matin que je me suis éveillé... le corps douloureux & les pensées incertaines...
je suis prisonnier de cette maison... mais je ne me laisserai pas faire...
depuis je ne dors plus...
je sais qu'elles attendent...
elles sont patientes...
combien de temps résisterai-je ?
cette maison me terrifie
je ne me souviens plus comment je m'y suis retrouvé...
je crois que je cherchais 1 endroit retiré pour mettre au point 1 roman que j'achevais... je ne voulais pas être dérangé
l'agent immobilier a poussé la porte qui a grincé & poliment m'a laissé le précéder...
& je me suis réveillé sans savoir s'il faisait jour ou nuit... j'étais seul
j'ai voulu sortir... la porte est restée immobile malgré mes efforts
les fenêtres à guillotine n'ont pas plus bougé
j'ai voulu casser 1 vitre avec 1 vieille chaise & c'est la chaise qui a volé en éclats... je me suis blessé à la main & mon sang a éclaboussé le plancher
c'est alors que j'ai vu des traces brunes par terre... 1 sang plus ancien que le mien avait déjà coulé ici
j'ignore depuis combien de temps elle me retient prisonnier... je m'endors quand je tombe de fatigue... je me réveille... ma montre est cassée... plus d'heure... plus de date...
je ne ressens pas la faim
dans le vieux salon je me sens à l'abri... relativement... des présences invisibles que je sens rôder
cette nuit j’ai rêvé… 1 cauchemar plutôt
je voyais des spectres pénitents avancer têtes baissées en flottant dans l’air… ils déambulaient près d’1 vieille abbaye… je ne connais pas ce lieu… je ne sais pas comment il est venu dans mon esprit
l’atmosphère était lugubre
je me suis éveillé en sueur & j’en frissonne encore rien que d’y penser
je ne suis pas croyant… je ne sais pas prier…
mais comme je voudrais pouvoir
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