effet de serre

effet de serre

le même cauchemar depuis l’enfance… régulièrement… au moins 1 fois par mois… je suis abonné à ce cauchemar… & il me terrifie toujours autant… pourtant aujourd’hui que je suis 1 homme mûr je devrais le maîtriser…
mais non
& toujours cette voix en moi… qui me dit de me préparer… mais je ne sais pas à quoi ? je ne sais pas ce qu’on attend de moi ?
j’ai peur de m’endormir… depuis des années j’essaie de me noyer dans les activités les plus diverses & les plus nombreuses… je m’y plonge en espérant y être tant absorbé que je puisse en oublier le sommeil…
mais le sommeil me rattrape… toujours…
je l’ai toujours caché à tout le monde… à mes parents quand j’étais môme… à mon ex-femme… ce qui a sans doute causé en partie mon divorce car elle ne supportait plus mon comportement étrange… mon rythme de vie infernal…
je sais bien que ce sont les dernières lignes que j’écris… & que probablement personne ne les lira…
je déteste les rêves… je déteste les cauchemars… l’impression de vivre réellement les événements qui s’y déroulent…
je sais bien que tout le monde dit ça… le psy que je suis allé voir au début de mon mariage a tenté de faire remonter les origines de ce cauchemar… l’hypothèse était que ça pouvait remonter à ma « vie » intra-utérine… des réminiscences de ces neufs mois dans le liquide salé… mais j’en ai eu assez… je crois qu’il y a autre chose…
dans mon cauchemar les océans enflent & recouvrent toutes les terres… & moi je suis spectateur… j’entends quelqu’un me dire prépares-toi ! & je VOIS les eaux monter & se précipiter pour tout détruire… ravager… emporter… puis finalement quand tout s’apaise il ne reste plus que l’eau… l’eau partout… l’eau sur toute la planète… & quelques sommets seulement émergent de cet unique océan… & je suis toujours là…
c’est inexplicable : je devrais fuir la mer… les côtes… & pourtant je me suis installé en bord de plage… & je reste des heures parfois à fixer l’océan… je connais par cœur les horaires des marées… & tout est normal… & je me dis que je suis fou…
cette nuit encore… ce cauchemar… & en me réveillant en sueur j’entendais gronder l’océan… je suis allé à la fenêtre de la chambre… la Lune semblait plus grosse qu’à l’ordinaire…
j’ai ouvert la fenêtre pour mieux voir… & le bruit de l’océan m’a assourdi… je distinguais mal… ciel… eau… ciel… eau… je ne voyais plus la frontière…
je suis sorti…
& j’ai compris… il n’y avait plus de ciel…
la mer était montée si haut… elle était si proche… qu’elle masquait le ciel…
& j’ai compris… que j’allais être délivré de mon cauchemar…
enfin
lundi… en sortant pisser dans mon jardin le nez dans les buissons odorants j’ai vu le araignées à l’œuvre… elles me semblaient plus affairées que d’habitude… mais peut-être était-ce dû aux réparations nécessaires après la pluie & le coup de vent de la nuit précédente ?
mardi… elles ont bien bossé les araignées… j’ai l’impression que près de la porte-fenêtre il y a au moins trois mètres carrés de toile… ça grouille d’araignées…
mercredi… pour sortir j’ai dû me dépêtrer des fils collants de ces demoiselles araignées qui commencent à devenir envahissantes… d’habitude je les laisse toujours tranquilles elles sont utiles… & puis je n’en ai pas peur : la petite bête ne va tout de même pas manger la grosse…
jeudi… je ne comprends pas ce qui se passe… je ne parviens pas à ouvrir mes volets… je pousse mais il y a une résistance derrière… par la fente entre les volets entr’ouverts, avec des ciseaux j’ai réussi à couper les fils… mais je crois qu’il y en a quelques unes qui sont entrées….
vendredi… je me suis réveillé presque emmailloté dans les fils… il y a des toiles d’araignée dans toute la maison… je commence à craindre quelque chose… mais je ne peux plus sortir de chez moi… toutes les issues sont bloquées… le téléphone ne fonctionne pas… évidemment quand on en a besoin…
samedi… je n’ai pas dormi de la nuit… je sens comme une présence derrière la porte… on dirait que ça s’agite… les
plus petites passent maintenant sous la porte… je ne sais pas ce qu’elles ont fabriqué mais je vois la porte qui vibre… LA PORTE A ÉTÉ ARRACHÉE !… je crois que je sais ce qu’elles veulent…
je crois qu’elles ont faim…
p.s. : Niko mon ami : je sais que mon montage est pourri... mais nul je suis nul je reste
!
c’est lorsque j’ai écrasé du plat de la main la mouche qui m’énervait depuis un bon moment & que j’ai vu quelque chose briller là où j’avais laissé la mouche morte que j’ai pressenti quelque chose…
je sais bien qu’une mouche n’est pas faite comme un humain… mais si elle a des entrailles celles-ci ne peuvent pas être métalliques…
intrigué je suis allé chercher la vieille loupe que j’utilisais quand tout môme je collectionnais les timbres…
& là : j’ai vu…
de minuscules rouages métalliques… des circuits imprimés de moins d’un millimètre…
j’ai guetté longtemps l’apparition de la seconde mouche…
quand elle est entrée dans la cuisine par la fente de la fenêtre entr’ouverte j’ai vite refermé… & je l’ai poursuivie… armé d’un torchon pour mieux assurer ma frappe…
au terme de trois essais elle a dégringolé sur le carrelage…
je l’ai ramassée dans une cuillère pour ne pas l’écrabouiller comme la première & l’ai posée sur la planche à découper… ensuite je suis allé chercher un cutter… ça vaut bien un scalpel…
en prenant une attitude de chirurgien qui va faire sa première appendicite je l’ai ouverte sur toute la longueur…
à peine surpris j’y ai trouvé –en meilleur état- les rouages… les circuits imprimés…
pour mieux réfléchir je me suis concentré… replié en moi-même… faisant abstraction de toute interférence extérieure…
& j’ai entendu
mon cœur
tic
tac
tic
tac




cette nuit j’ai rêvé… 1 cauchemar plutôt
je voyais des spectres pénitents avancer têtes baissées en flottant dans l’air… ils déambulaient près d’1 vieille abbaye… je ne connais pas ce lieu… je ne sais pas comment il est venu dans mon esprit
l’atmosphère était lugubre
je me suis éveillé en sueur & j’en frissonne encore rien que d’y penser
je ne suis pas croyant… je ne sais pas prier…
mais comme je voudrais pouvoir

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