Partager l'article ! l’espadrille est bien la femelle de l’espadon… & moi : qui suis-je ?: les types qui s’appellent Durand, Dupont ou Martin s ...
les types qui s’appellent Durand, Dupont ou Martin savent avant même leur naissance qu’ils ne sont pas les seuls à posséder ce patronyme… c’est dans leurs gènes : l’ovule est à peine fécondé par le petit spermatozoïde qui frétillait encore de la queue voici une seconde, que la division se met en route & les les chromosomes X de Papa Dupont-Durand-Martin mettent tout de suite au parfum les chromosomes Y de Maman : on a une bonne & une mauvaise nouvelle… la bonne nouvelle c’est qu’on ne sentira jamais seuls… la mauvaise, c’est qu’on va être des milliers à avoir le même nom… & si nos parents manquent d’imagination on risque même d’être des centaines à porter le même prénom ! toute notre vie ça va être le bordel ! à la Sécu ! aux Impôts ! dans l’annuaire ! sur Facebook ! sur Copains d’Avant !... on recevra des factures & des contraventions destinées à d’autres, ça prendra des semaines, voire des mois à régler les différends avec le Trésor Public…
c’est pareil dans d’autres pays… je pense souvent à ce séduisant acteur hollywoodien : Stewart Granger (Les Contrebandiers de Moonfleet, Sodome et Gomorrhe, Le Grand Sam, Le Beau Brummel, Scaramouche, Le Prisonnier de Zenda, Allan Quatermain et les Mines du Roi Salomon, etc.) qui dû changer de nom parce qu’un grand acteur déjà célèbre portait déjà le vrai nom de Stewart Granger : James Stewart (Vous Ne l'Emporterez Pas Avec Vous, Mr. Smith Au Sénat, The Philadelphia Story, La Vie Est Belle, La Flèche Brisée, Fenêtre Sur Cour, Vertigo, L’Homme Qui En Savait Trop, L'Homme Qui Tua Liberty Valance, Autopsie d’Un Meurtre, etc., la liste des des grands classiques hollywoodiens auxquels il a participé est si longue que je l’arrête là !)…
le sel de l’histoire c’est qu’en réalité James Stewart ne s’appelait pas James Stewart ! c’était un pseudonyme !...
en résumé, un type qui s’appelait James Stewart a dû changer de nom parce qu’un autre type qui se faisait appeler James Stewart ne s’appelait pas James Stewart…
En m’appelant Éric Löw, je suis longtemps resté persuadé d’être tranquille avec ce genre de mésaventure… que je devienne célèbre ou pas, n’ayant d’ailleurs à ce sujet aucune ambition particulière, & ne courant pas après mon quart d’heure de célébrité comme tant de traîne-patins & autres trous du cul qui dans ce but sont prêts à tout pour étaler leur médiocrité à la tévé ou sur le web…
le web… voilà bien le problème…
l’amour d’une mère laisse croire à des chimères : on est le plus beau, le plus intelligent, etc., en somme on se croit unique…
puis, le jour où l’on veut créer un blog, on s’aperçoit que des tas d’Éric Low ou Éric Löw ont déjà une existence sur la même planète, & puis on reçoit parfois des mails destinés à Éric Low ou Éric Löw & c’est pas soi-même…
alors un jour on se connecte sur Google Images & on tape Éric Low en requête… & là on voit apparaître des visages totalement inconnus de soi… si encore c’était toujours le même, on pourrait se dire c’est peut-être que je ne me regarde pas assez dans un miroir, c’est peut-être ça ma trombine ? mais le problème est qu’on découvre dix, vingt visages différents… qui a ourdi un complot contre moi ? qui veut me faire perdre la tête ? qui joue avec mon destin ? il y en a de tous les pays, des gros, des maigres, des bruns, des blonds… politicien, cuisinier, vendeur de piscines… qui est le protéiforme Éric Löw ? je ne sais plus… mes certitudes ont disparu
qui suis-je ?

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