Partager l'article ! histoire cochonne: les flics arrivèrent les premiers près du cadavre… évidemment, ils furent surpris d ...
les flics arrivèrent les premiers près du cadavre…
évidemment, ils furent surpris de découvrir l’aspect du corps…
sortant de la poche droite de la veste de costume : trois chipolatas
quatre tranches de jambon de Bayonne dépassaient de la poche gauche…
- qu’est-ce que c’est que cette connerie ? grogna le lieutenant
- au cas où il aurait eu un p’tit creux ? suggéra le flic de base
- tu s’ras jamais lieutenant, t’es trop con ! estima le lieutenant d’un ton tranchant (& les tranches de Bayonne frissonnèrent)
après avoir enfilé leurs gants, ils retournèrent à moitié le pauvre type qui baignait dans une flaque de sang… il avait un trou dans le bide, on aurait pu y loger le poing de Mike Tyson avec les bandages & le gant…
- quel merdier ! fit le lieutenant dégoûté
- finalement, il l’a eu son p’tit creux ! ne put s’empêcher d’ajouter l’autre
- si ça s’trouve, t’es même pas flic ? c’est l’agence d’intérim qui t’a envoyé ? bouge ton cul ! lève la truffe ! trouve-moi des indices !
ils remirent le cadavre dans sa position initiale
passant à la cuisine, jeune flic visita le réfrigérateur… un beau jambon de Bayonne à peine entamé trônait sur une tablette…
- patron ! on dirait que j’ai retrouvé l’assassin !…
- on dirait que les tranches viennent de là… dit le lieutenant qui l’avait rejoint, & qui savait faire le tour d’une situation, maintenant pour savoir si c’est l’assassin qui a joué au con, ou si c’est la victime qui décorait son costard à la charcuterie, ça va être coton !…
une voisine avait appelé le commissariat : un terrible bruit de tonnerre avait réveillé son dernier moutard à l’heure de la sieste…
tous les couteaux de la victime étaient propres & rangés dans le tiroir entre les fourchettes & les cuillères : que les empreintes du propriétaire
ça c’était lundi…
mardi, dans le même quartier, un deuxième cadavre fut trouvé sur un banc public… de quoi éloigner tous les amoureux ayant envie de se bécoter sans se soucier des passants honnêtes
d’après le coup de fil anonyme qui avait prévenu le commissariat, il semblait y avoir des points communs avec celui de la veille, aussi le commandant envoya-t-il la même fine équipe…
effectivement, le clochard avait son parka gorgé de sang & un trou énorme dans le buffet… deux tranches de jambon de Paris & une saucisse de Morteau garnissaient ses poches…
- qu’est-ce qu’on fait patron ?
- j’sais pas… j’hésite entre une raclette & une choucroute !… on va tout d’même pas se taper tous les charcutiers du quartier ?…
- en tout cas ça a l’air d’être le même assassin qu’hier, non ?
- ouais… un tueur en série… qui aime trop ou pas du tout la charcuterie ? un cochon qui veut venger ses frères victimes de notre appétit ? un végétarien extrémiste ? un rabbin ou un imam intégriste ? un antisémite qui veut nous faire croire à un meurtre religieux ?… ou le contraire ?… bon sang ! j’aimerai bien que le labo nous dise avec quoi on les a trucidés !…
le soir même, les journaux titraient tous sur ces meurtres étranges…
pendant ce temps, au commissariat, le lieutenant recevait les premières conclusions : les deux victimes avaient été tuées d’une double décharge de fusil de chasse à bout portant…
tout le commissariat fut sur les dents pour patrouiller jour & nuit dans le quartier puisque apparemment le tueur opérait pour le moment dans celui-ci… la PJ du 36 rappliqua : deux trentenaires qui se la jouaient façon cow-boy… après avoir garé leurs deux chevaux en double file, ils radinèrent dans le commissariat & prirent d’assaut le bureau du commissaire en se l’attribuant pour la durée de l’enquête…
une réunion eut lieu à laquelle participèrent le commissaire, les deux cow-boys & les premiers enquêteurs (le lieutenant & son co-équipier)… on fit le point : c’était maigre… & pour une affaire de charcuterie, ça la foutait mal…
& puis l’AFP reçut une lettre qui permit aux flics de se creuser encore un peu plus la cervelle :
« il y en aura d’autres ! jamais vous ne m’attraperez ! je ne fais pas ça pour l’argent ! je les aurai tous ! salauds ! les carottes sont cuites ! Révolution !
Jack »
la lettre avait été déposée dans la boite aux lettres sans être passée par la Poste, aucune oblitération, aucune empreinte, un document au traitement de texte sur papier courant… autrement dit : aucun indice…
les charcutiers commencèrent à protester : cela faisait du tort au p’tit commerce… ils sommaient les autorités d’agir… déjà les ventes commençaient à baisser… on soldait le jambon, trois tranches pour le prix de deux plus un saucisson gratuit… les mères de famille interdisaient à leurs gamins de parler aux charcutiers… les boutiques étaient vides dès la nuit tombée…
les flics étaient aux quatre cents coups…
n’empêche… mercredi matin, au lever du jour, sous une station de métro aérien on découvrit un feu bourgeois en smoking avec un tête de cochon posée sur le ventre… le cochon avait l’air de sourire…
sur le bitume gras on pouvait lire en lettres épaisses « JACK »… à l’analyse, c’était du sang de cochon…
le lieutenant & son adjoint étaient dégoûtés de la charcuterie… ils ne commandaient plus que des sandwichs au thon ou au poulet… au poulet… c’est un comble !…
à la morgue, en compagnie du légiste & des trois cadavres, le lieutenant eut un sursaut : il venait de se rendre compte d’un détail…
- regarde leurs pieds ! dit-il au légiste
- quoi donc ? ils ont des pieds panés ?
- mais regarde donc, couillon !… lis la liste des affaires personnelles : y’en n’a pas un qui ait encore ses pompes ! où sont-elles passées ?
- alors les gars ? fit le légiste, on fait dans le cochon, maintenant ? vos bourgeoises sont au courant ?... & il partit d’un rire gras qui fit faire la grimace aux deux flics
- allez les gars ! faites pas du boudin !...
- si je le bute, c’est de la légitime défense, pas vrai patron ?... dit le flic au lieutenant
- sans doute… mais trop de paperasses… laisse…
- c’est ça : faites pas aux truies ce que vous voulez pas qu’on vous fasse ! les acheva le légiste
la suite un de ces jours...
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