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Publié dans : Paysages

presque chaque soir ils allaient saluer la mer cavalière

la houle où croulent & roulent & coulent les espoirs du jour

les oiseaux pêcheurs les horizons lointains

rêves d’aventures au futur ignoré

un temps de conjugaison qui n’existe que dans les songes

 

la nuit arrivait par la ligne d’horizon

comme 1 navire au ventre gonflé de lourds secrets

comme 1 vapeur obscure

comme 1 pur souvenir

 

au loin au-delà de ce rideau

le calme puissant du géant océan

les faisait embarquer sur 1 caravelle

pour aller découvrir des îles et des jungles

aux noms exotiques comme des oiseaux de paradis

la nature primitive l’originel éden

 

dans l’embrun soulevés

ils s’abandonnaient au vertige

jusqu’au point invisible qu’on appelle le point de fuite

 

la mer ne dort jamais

& pourtant à cette heure béate

elle semblait si apaisée

que sa sérénité s’étendait toute aux êtres vivants aux pierres & au ciel

à la croupe des dunes au buisson du bois au ventre de la lande

aux cuisses des ruisseaux aux chevilles des maisons aux pieds des rochers

à l’absence des vierges au cri des nouveaux nés au sanglot des soldats

au galop des chevaux aux larmes des crocodiles à l’envol des cygnes

aux grappes d’or et de miel attendant la vendange pour pleurer l’élixir

aux blés en touffes de blondeur à la mélopée des marins vendangeurs

 

& la nuit se fondait dans l’azur éphémère

& la Lune éthérée vague et solitaire

éclairait leur tendresse & leurs âmes confondues


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