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Publié dans : Le Livre de l'Obscur
seul… attaché sur ce lit métallique… entre des murs blancs… sous la lumière blafarde des néons… les liens me font mal… je crie… des torrents d’électrons se ruent sur moi & traversent mon crâne en crépitant… des ondes de toutes les longueurs me traversent les chairs en grésillant… encéphale grillée brûlée calcinée… je dois bouger… je dois bouger !... il faut que je sorte !... l’odeur est à l’intérieur de moi & je la sens… mes oreilles saignent… de mon cri ont explosé mes tympans… je rampe puis je m’agenouille puis je me relève… mes mains saignent… mes coudes saignent… je suis 1 plaie entière… il faut que je marche… que je mette 1 pied devant l’autre… 1 porte : saisir la poignée… tirer vers moi… dehors… je suis dehors… je suis mort

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Publié dans : Nocturnes
Parfois je levais les yeux jusqu'à quelque vaste appartement ancien dont les volets n'étaient pas fermés
et où des hommes et des femmes amphibies, se réadaptant chaque soir
à vivre dans un autre élément que le jour,
nageaient lentement dans la grasse liqueur

M. Proust
Le côté de Guermantes


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Publié dans : Nocturnes
Près de la grille est la carrière
où les sommeils profonds viennent chercher
les substances qui imprègnent

M. Proust
Le côté de Guermantes


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Publié dans : Lieux maudits

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Publié dans : Nocturnes

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Publié dans : Désirs

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Publié dans : Vertiges

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Publié dans : Vertiges

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Publié dans : Bruits de l'Univers
lorsqu'ils atterrirent sur la vieille planète les données anciennes conservées dans le Cerveau Central ne les avait pas préparés aux odeurs... à la lumière... à cette couleur verte aux tons innombrables... mais les robots ne connaissaient de la poésie que des bits clignotant dans leurs processeurs... ils enregistrèrent les modifications atmosphériques... la composition de l'air... le taux de radiations... & envoyèrent le tout au Cerveau Central qui analysa...
le retour sur Terre devenait envisageable avec 82% de probabilités favorables... il lança le programme de Retour de Cryogénisation prévu voici maintenant trois-cent-cinquante-deux années


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Publié dans : Bruits de l'Univers

la Ville est nerveuse… l’excitation de la Ville semble gagner tout le monde tout le temps… sauf moi… je ne marche pas à l’allure des Autres… je flâne… les mains dans les poches… la pipe à la bouche… néons fulgurants… murs tagués… feux tricolorisés… automobiles aveugles… des grands des petits des gros des maigres des minces blonds bruns roux… cheveux longs cheveux courts crânes rasés… mèches collées au gel… piercings qui trouent les peaux… peaux sombres peaux claires… les filles… oh les filles !... ces filles verticales qui arpentent les trottoirs gras… manucurépilées… botoxées… aux hanches qui ondulent… aux jambes gymnastiquées… aux seins luminescents… aux lèvres brillantes… aux bijoux éclatants… des grandes des petites des rousses des blondes des brunes… toutes & tous qui me visent sans me voir… je suis dans 1 autre rythme temporel… ça foisonne ça grouille ça fourmille ça serpente ça coléoptère ça termite ça chenille… 1 fièvre sinistre agite la Ville… les cours de la bourse montent & dégringolent à vitesse électronique… la mode du lendemain a déjà remplacé la mode du jour… mille métros vomissent leur contingent d’automates… dix guerres se déclenchent & s’achèvent chaque seconde… cent tours s’érigent à la minute… mille tramways circulent à 1 vitesse folle… dix mille portes automatiques s’ouvrent & se ferment à 1 cadence d’usine… dix mille enseignes clignotent mille fois par seconde… les dix mille nouvelles fraîches de la minute à venir remplacent les dix mille nouvelles obsolètes de la minute précédente… cent mille lampadaires riment avec cent mille dromadaires… trois millions d’escalators montent & descendent leur chargement d’humains laborieux comme emportés par 1 tornade… 1 milliard de satellites balancent leur sauce dans des torrents d’ondes qui me grillent l’encéphale… dix milliards d’antennes balancent leur sauce qui me grille l’encéphale… cent milliards de radios balancent leur sauce qui me grille l’encéphale… mon cerveau liquéfié absorbe toute cette merde comme 1 serpillière plongée dans 1 égout synectique triste ragoût & ces sacrés talons aiguilles qui me percent le crâne comme autant de poinçons sur mon cortex & je vois les étoiles dans la pollution lumineuse…  comment je peux voir les étoiles là-dedans ?! je vois les comètes… il faut 1 mort pour 1 vie ! les rats fuient le ragoût de la Méduse… par centaine de milliards… ils ne discutent pas les ragoûts & les couleurs… les dégoûts & les douleurs… les virus s’étendent & transmutent à la vitesse de la lumière… & je me traine au milieu de tout ça… mes gestes sont lents… si lents… personne ne remarque que je suis si lent… je flotte… je m’évade… je ne peine plus… j’ai le flanc droit ouvert & par cette blessure s'échappe 1 filet de fumée 1 fumet de filet le corps coupé en deux par 1 lame de fond de vérité je ne sens pas la métamorphose qui se poursuit & le fossé qui s'élargit entre moi & la vie entre moi & la planète… mon corps se décompose & l'odeur est insoutenable & porteuse de germes mortels des orants prient à hautre voix quel est donc ce mystère vacillant comme 1 songe qui sombre à jamais dans l'oubli ? les offrandes propitiatoires les sacrifices les sacrilèges rien n'a suffit… le Balancier est entré dans la vie de l'Homme… rien n'a suffit ou bien ça n'était pas approprié… les sinistres mandibules se rapprochent… le Temps s’arrête… je plane dans 1 vide obscur… les mandibules grossissent… grossissent…

CRAAAC !



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Publié dans : Nocturnes

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Publié dans : Nocturnes

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Publié dans : Nocturnes
quelques milliers de pages faciles en fait à résumer :
je prends quelques lignes "Du côté de chez Swann"...
j'ajoute quelques lignes de "Le temps retrouvé"...
& voilà le travail !
Proust c'est pas grand chose en fait... on s'en fait tout 1 monde !...
(j'ai mis en vers 1 montage de phrases pour montrer quelle musique il y a dans cette écriture & je signale aux copieurs que c'est 1 idée que j'ai réalisée en 1983 sur l'ensemble de l'oeuvre alors avant de me piquer l'idée...)


Les lieux que nous avons connus
n'appartiennent pas qu'au monde de l'espace
où nous les situons pour plus de facilité.
Ils n'étaient qu'une mince tranche
au milieu d'impressions contigües ;
le souvenir d'une certaine image ;
                                                   et les maisons, les routes, les avenues,
                                                   sont fugitives, hélas ! comme les années.

Il ne me semblait pas
que j'aurais encore la force
de maintenir longtemps
                                                   attaché à moi
                                                   ce passé
qui descendait déjà si loin.
Du moins, si elle m'était laissée
                                                    assez longtemps
pour accomplir mon oeuvre,
ne manquerais-je pas d'abord
d'y décrire les hommes
(cela dût-il les faire ressembler à des êtres monstrueux)
comme occupant une place
                             si considérable
                                           à côté de celle
                                                    si restreinte
qui leur est réservée dans l'espace,
une place au contraire prolongée
sans mesure -
puisqu'ils touchent simultanément,
                                                    comme des géants plongés dans les années,
à des époques si distantes,
entre lesquelles tant de jours sont venus se placer -

                                                    dans le Temps.


c'est du lourd hein ?... finalement c'est trop bien Proust !

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Publié dans : Paysages

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vous n'aurez à vous occuper que de vous détendre et vous laisser aller au plaisir du silence et de la beauté du monde sous-marin...
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Publié dans : Lieux maudits

en d'autres temps... il y a bien longtemps... des créatures inconnues érigèrent des villes sur cette petite planète

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